zAMALEK iSLAND dESIGNED bY mARTIN
September 18, 2008
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September 14, 2008
cAIRO
August 23, 2008
































Impressions d’Egypte par Raphaël Sigal
May 19, 2008
Retour d’un voyage de 10 jours en Égypte. Réactions à chaud. On va tenter une description chronologique et l’on se laisse le droit de se perdre dans le temps comme on s’est perdus dans l’espace. L’espace = le Caire, ville d’arrivée. Peut-être faut-il commencer juste avant l’arrivée (ça commence), car ça vaut le coup, le vol direct Tel Aviv/Le Caire par Elal. Enfin, passeport “de service” oblige, je vous en compte la version édulcorée, celle ou la queue ne dure pas, ou les fouilles ne commencent pas. En deux mots : avion vide. Fantômes alentour, ceux des Israéliens qui ne vont jamais au Caire, ceux des Égyptiens qui ne rentrent jamais d’un voyage en Israël. Une heure de vol, de nuit. Rien qu’une : Le Caire est distant de Tel Aviv comme Marseille de Paris. Mais ici les frontières sont barbelées et les consciences troublées : les voisins ne se parlent pas. Officieusement bien sûr, parce qu’officiellement, il existe une ligne directe entre Tel Aviv et Le Caire. Arrivée à 2 heures du matin à l’aéroport. Plein d’uniformes qui nous accompagneront tout au long du voyage : les policiers en blanc, les femmes en noir. Parfois partiellement, parfois entièrement. Le taxi nous embarque directement à Zamalek, chez un ami, appartement européen avec quelques touches égyptiennes arty : bienvenue en terre expatriée. Autant vous le dire tout de suite : l’Égypte égyptienne, on l’a aperçue deux fois : une fois seuls en marchant deux heures sur une dune ; l’autre fois au milieu d’une foule compacte, dans les rues du Caire. Sinon tout est aménagé pour le tourisme ici, ce qui a provoqué des réactions assez bizarres. On voyages dans des trains pour touristes, on visite des sites pour touristes, on mange dans des restos pour touristes, et les restos “locaux” ont leurs cartes pour touristes, voire leur salle réservée aux touristes. Bref, malgré le fait qu’on ait voyagé seuls, sans groupe ni bateau de croisière, on s’est retrouvés touristes jusqu’au cou. Dévisagés, sollicités, gentiment arnaqués et puis, tout compte fait, disons-le, assez harcelés. Les égyptiens ont fait du tourisme une institution biaisée, une poule aux œufs d’or sur les œufs de laquelle il commence à y avoir beaucoup de traces de merde. Ça m’a rappelé mon voyage éclair en Chine et je me dis que ça doit être l’apanage des pays à tendance totalitaire : à force de vouloir protéger les touristes pour leur soutirer un maximum, on les isole des gens, et puis on se sent vite enfermés dans une sorte de discrimination positive. Bref, pour clôturer : on a passé pas mal de temps à faire des efforts pour ne pas être des sales touristes, et une fois la coquille brisée, les égyptiens se révèlent sympathiques, blagueurs, etc… Mais c’est parfois difficile de rigoler aux blagues d’un mec qui était assez désagréable trois minutes auparavant pour fixer un prix à la balade en bateau sur le Nil.
On est donc arrivés au Caire : ville incroyable et nostalgique. Rues pleines de monde, vieux bâtiments et vieilles voitures splendides et délabrées : pour le parisien que je suis, et reste malgré l’émigration, je nageais en pleine nostalgie de ce monde que je n’ai pas connu et que j’ai langui avant de découvrir qu’il y avait aussi de la bonne musique en dehors de Hendrix et Led Zep : les années 60/70. Comprendre : Paris avant Tibéri et sa maniaquerie ravalante qui a transformé Notre-Dame et le centre de la capitale en décor de cinéma. Le Caire c’est donc Paris avant, avec un périph’ omniprésent et des embouteillages de Peugeot 403 au kilomètre. Le Caire est polluée un truc de ouf : le ciel est marron et ça fait mal à la tête. Le Caire est énorme : en restant dans le centre centre, on peut facilement se taper des trajets en taxi de 30 minutes. Tout est étonnant là-bas : les mosquées anciennes, les pyramides qui sont aux portes de la ville, les animaux dans la rue, les odeurs, la densité incroyables de gens et de véhicules et de bouibouis où on sert de la bouffe. Le Caire, c’est l’enfer du middle-east dans ce qu’il a de plus “étrange et pénétrant”.
Et puis on a pris le train (i.e. “le-train-pour-couchettes-touristes-première-classe-diner-et-petit-déjeuner-inclus”) jusqu’à Louxor. Arrivée à 6 heures du matin avec grand soleil. Les rues sont encore vides à cette heure-là : les habitants dans leur maison, et les touristes dans leur bateau. Les quais de Louxor sont jonchés de dizaines d’énormes paquebots qui déversent des incessants flots de touristes néerlandais coup-de-soleillés. Nous on a eu la bonne idée guide-du-routardienne d’aller se fourrer dans un hôtel sur la rive opposée, au relativement calme. Tout autour de Louxor, c’est monts et merveilles. Les temples et les tombes des rois sont vraiment incroyables, et comme c’était le cas pour Petra, les milliers de clichés qu’on a en tête en arrivant sur place ne gâchent en rien la beauté des lieux. C’est simple : imaginez des dizaines et des dizaines d’énormes murs, colonnes, statues, plafonds, ornés de millions (sans exagérer) de hiéroglyphes, bas-reliefs, peintures, etc… En plus, souvent, on voit tout ça dans les couleurs d’origine qui laissent imaginer l’état des lieux à leur conception (il y a 4000 ans). C’est vraiment EXCEPTIONNEL pour reprendre un adjectif cher à ma Sarah. Les paysages aussi sont incroyables : deux bandes vertes, de part et d’autre du Nil, et tout autour des couleurs pierre et sable.
Et puis on a repris le train pour aller à Assouan/Aswan. Et cette fois-ci, on a pris le train pour égyptiens, normally interdit aux touristes. Pas plus de dix minutes après le départ du train, un policier qui ne parle rien à part l’arabe nous fait comprendre qu’on doit le suivre et qu’on ne peut pas rester avec le jeune homme qui nous a dit qu’effectivement, ce train va bien à Assouan et que d’ailleurs il travaille à Assouan et que… on ne connaîtra pas la suite. On traverse donc trois ou quatre wagons sous le regard interloqué des passagers. Le policier déloge trois personnes et nous installe à côté de lui. 4 places pour 2. Après une heure, on se rend à l’évidence : on aura réussi à voyager en première dans un train “troisième classe” (c’est son vrai nom). Dans le train, on est quand même au milieu de tout le monde, des épluchures et des coques de pistaches et des allers et retours incessants de vendeurs de tout (thé, bananes, bracelets…). Trois heures de voyage au bord du Nil. Magnifique, encore…
Je commence à en avoir marre d’écrire et vous marre de lire alors la fin du voyage dans l’ordre : piscine, resto, dodo, petit déj, piscine, balade dans les dunes, promenade en fellouque sur le Nil, resto, dodo, petit déj, temple de Philae, retour au Caire en train couchettes, visites, restos, dodos. Le vol de retour était bien plus rempli que celui de l’aller. Le trajet en taxi vers l’aéroport n’avait rien à voir avec le trajet en taxi depuis l’aéroport. Masa’alama !


























































